Les deux font la paire

Studio Edelweiss

C’est drôle, foutraque, décalé, rigolo, audacieux, plaisant, cocasse, surprenant, truculent, créatif, gai, impayable, bizarre, fascinant, tordant, burlesque, hilarant, amusant, distrayant, talentueux, dingo, savoureux, extravagant, malin, déraisonnable, absurde, excessif, farfelu, excentrique, baroque, futé, étrange, unique, étonnant, marrant, taquin, original, théâtral, insolite, singulier, fantaisiste, loufoque, frondeur, facétieux, gouailleur, génial, réjouissant, spirituel, intéressant, délicieux, inventif, curieux, bref, en un mot c’est un regard Belge et on adore! Entretien.

 

 

 

Coup d’œil

La mélodie du bonheur

Qui sont les membres du Studio Edelweiss?
Studio Edelweiss, c’est Jan Matthys et Michaël Van Den Berghe. Nous sommes amis depuis notre enfance. Après avoir étudié, et n’ayant pas étudié beaucoup de choses différentes, nous avons tous les deux décidé de faire un tour à l’Académie des Beaux-Arts de notre ville natale de Gand.
Nous sommes tous les deux photographes. Les clients s’embrouillent parfois et demandent: «Mais qui appuie sur le bouton?» Nous pensons toujours que cette question est absurde. Notre type de photographie est très «mise en scène». Il n’y a pas de moment décisif. Donc, nous ne nous soucions pas du tout de qui appuie sur le bouton. Cela dit, nous nous disputons beaucoup au sujet des décisions créatives. C’est une sorte de dialectique. La guerre étant la mère de toutes choses.

Pourquoi l’edelweiss, une fleur qui pousse en montagne?
Nous aimons tous les deux le film «La Mélodie du bonheur». Quand nous avons obtenu notre diplôme et que les boulots ont commencé à arriver, nous n’arrêtions pas de nous collaborer l’un avec l’autre en tant qu’assistants. Au bout d’un moment, nous ne nous souvenions plus qui aidait qui. Nous avions besoin d’un titre de travail et, après plusieurs nuits blanches, nous avons opté pour Studio Edelweiss.

Quelles sont vos inspirations et références?
Rarement d’autres photographes. Difficile de ne pas regarder tous ces grands photographes comme Erwin Olaf, David Lachapelle, Pierre & Gilles, Carl De Keyzer, Martin Parr, Diane Arbus, Sally Mann, etc. Il y a aussi un Hollandais, Teun Hocks. On aime beaucoup son sens de l’humour et la façon dont il mélange la peinture et la photographie. Mais à la fin personne ne veut faire des photos “dans le style de”… La véritable inspiration vient d’autres choses, des films, des peintures, des livres et des chansons. Les frères Grimm, Le Caravage, Frank Zappa, Moby Dick, Hemingway, George Brassens, Breaking Bad, Tim Burton… Toutes sortes de choses, vraiment.

Qui sont vos clients?
Cela dépend, parfois des agences de publicité ou des entreprises, des institutions, des magazines ou simplement des gens qui veulent un beau portrait. Nous pouvons travailler pour quiconque veut bien nous payer (si le but n’est pas de provoquer un génocide!). Ce que vous voyez sur notre site est du travail commercial. Presque tout a été publié dans un contexte ou un autre.

Votre univers créatif est brillamment fou. Est-il difficile de faire accepter vos idées?
Plutôt…

Qu’est-ce que l’humour belge pour vous?
Nous ne savons pas si une telle chose existe. Il y avait un sens de l’absurdité humoristique commun dans l’acceptation de la réalité belge. Ces dernières années, cependant, ce sentiment d’ironie est lentement balayé par les idéologues de droite flamands et leurs récits mythiques d’identité.

Dites-nous quelle a été la photo la plus difficile à faire.
On a eu cette scène avec des chiens qui s’accouplent. Leurs propriétaires s’ignoraient de manière hautaine pendant que leurs chiens cédaient à leurs passions. Nous avions tout dans la tête, le décor, les acteurs, le style, l’accouplement des chiens… La seule chose, c’est que nous ne pouvions pas trouver de chiens qui feraient le sale boulot sur commande. Nous avons essayé des entraîneurs, des cirques, des médecins et ainsi de suite, mais à la fin nous avons dû abandonner et nous n’avons jamais pris la photo…

Quelle serait la photo la plus folle que vous aimeriez prendre?
Vu cette précédente mésaventure, nous avons décidé que les chiens morts convenaient mieux. L’idée serait donc la suivante: le père est parti chasser mais a tué le chien au lieu d’un sanglier. Maman a donc préparé un repas appelé «Caniche farcie». Toute la famille est assise à la table, dans ce qui ressemble à une cabane de chasse) prête pour le souper et la mère est debout près de la table avec le chien rôti sur un plateau en argent. Sur le mur il y a les têtes de plusieurs chiens précédemment chassés. Le père a l’air honteux, la fille a les larmes aux yeux mais le plus petit a l’air affamé. Quelque chose comme ça. Bien sûr, nous ne voulons pas utiliser Photoshop ou le rendu numérique. Cela a toujours été indigne de nous. Nous préférons passer quelques heures supplémentaires à faire des décors.

 

© Studio Edelweiss

Mieux regarder


Saisissez les éléments à chercher et appuyer sur la touche "entrée"