Samuel Cueto

L’instinct décisif

Si au premier abord le personnage peut paraitre vraiment impressionnant, on se rend très vite compte que, derrière la carrure, Samuel Cueto est en fait quelqu’un d’un douceur et d’une gentillesse désarmantes. Autodidacte de la photographie, voyageur intrépide, il va au contact de ses semblables avec générosité, sachant gagner par sa sincérité la confiance de celles et ceux qui sont à la marge et il porte sur eux un regard fait de complicité et d’humanité.

 

 

 

«J’étais depuis un bout de temps dans le milieu musical, le rap et j’avais l’impression non pas d’avoir tout fait mais d’être au bout de ce chemin, je ne m’y retrouvais plus. J’aimais les images, j’avais rencontré pas mal de gens qui faisaient des clips et des photographies et ça m’intéressait bien. J’ai acheté un appareil photo, je me suis débrouillé tout seul en faisant des photos de sports de combat que des magazine de free fight ont publié. C’était formateur parce que sur un ring ça va vite et il faut être sur le coup. Ensuite j’ai fait des séries de portraits en studio de ces sportifs et je me suis découvert un intérêt pour ce genre d’images. Je suis passé à ce moment à l’argentique grâce à la découverte du photographe Estevan Oriol qui vit à Los Angeles parmi les gangs et dont le travail m’a bien remué, une grosse claque. Khalik Allah et son boulot sur le 125e rue, Wilee Arondel, Armen Djerrahian qui a shooté tous les barons du rap et Andre D Wagner pur la street photography ont aussi été des références pour moi. Je me suis mis à faire des portraits de gens de mon quartier ou dont j’aimais bien le style. Ca a bien marché et ça me permettait d’apprendre encore. A force d’aller voir des expos de photo reportage j’ai eu envie de m’y mettre aussi, tout en gardant cette approche portrait. Je suis parti en Thaïlande sur les conseils d’une connaissance qui m’a fait rencontrer les personnages que j’ai photographié. J’y suis allé plusieurs fois et comme je publiais mes images sur les réseaux sociaux, ça m’a permis de nouer des contacts et faire de nouvelles rencontres à Bangkok, Pattaya, Phuket, etc. La plupart du temps, il s’agissait de rendez-vous organisés mais des fois c’était lors d’une ballade où je tombais que quelqu’un qui avait la dégaine et à qui je demandais si il voulait bien être photographié. C’était plus compliqué parce que le mec te connais pas, s’en fout de ta vie et parle ni le français ni l’anglais mais à force, la plupart à accepté. A mon retour, j’ai exposé ce travail en galerie et j’ai eu de super commentaires, ce qui était très encourageant. J’ai mis un peu de temps avant de choisir une nouvelle destination et ça a été l’Inde, Calcutta et Varanasi parce que j’apprécie beaucoup ce qu’ont fait Coluche, l’abbé Pierre et Mère Teresa pour aider les déshérités. Calcutta c’était le contraire de la Thaïlande. Pas de mer, le bruit, les klaxons, la chaleur étouffante, le manque d’hygiène, la pauvreté qui fait mal c’était quand même assez éprouvant. Mais je n’ai pas eu le choc dont tout le monde parle à propos de ce pays parce que pour moi, la misère est partout et, même si ce n’est pas du même niveau, j’ai toujours trainé avec des gens qui n’avait pas grand chose au fond des poches et qui n’ont pas une vie de rêve. Malgré des conditions difficiles, ou à cause d’elles peut-être, j’y ai beaucoup appris sur mon travail en me baladant dans des coins où les touristes ne vont pas. Mon but c’est de voyager, pas dans le pays le plus pauvre mais où ça m’intéresse, où il y a des gens beaux même pas uniquement pour les photographier lais pour les rencontrer. Et toujours dans le même esprit, je suis allé dernièrement au Sénégal et j’aimerais beaucoup aussi me rendre en Palestine à Gaza dont j’ai entendu parler chez moi depuis que je suis tout petit.»

Propos recueillis par Gilles courtinat

 

Le site

Toutes les photos: Samuel Cueto
 

Le diaporama

4 boys

 

Silence

Queen lady

Coco

Don’t look back

Ganja

Dolce

Avoir bon dos

Les quatre règles de la sagesse pour les filles

 

Spleen IV

Haircut

Thoughts

Laughing memories

 

Medication

 

The gang

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