Refuge, dans l’intimité de l’exil

Bruno Fert

En 2016, le Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière (Académie des beaux-arts) était décerné à Bruno Fert pour son projet sur l’habitat et l’identité à travers les histoires de familles de réfugiés montrant leurs lieux de vie pour mieux raconter leur exil. Un livre regroupant ce travail vient de paraitre aux éditions Autrement. Ce sont les images des intérieurs où vivent ces populations, de leur arrivée en Europe jusqu’à leur installation dans de véritables logements pérennes. Chaque intérieurs de tentes, de cabanes ou de chambres dans les camps de réfugiés, les campements ou les centres d’accueil est associé au portrait et au témoignage de ses habitants. Le photographe est parti à la rencontre de ces hommes, femmes et enfants dans l’intimité de leurs nouveaux foyers. S’éloignant des habituels clichés, il a fait leurs portraits avec beaucoup de pudeur et de respect.

«Habiter est ce que nous avons tous en commun. Que nous soyons nomades ou sédentaires, nous habitons tous. Les abris temporaires des populations migrantes reflètent leur personnalité, tout comme nos appartements et nos maisons parlent de nous. Cest à partir de ce point commun que je veux amener le public à sidentifier, à se mettre à la place de lautre en observant son lieu de vie. Et cest justement pour que le public puisse se projeter que je photographie, dans un premier temps, ces lieux sans leurs habitants. Viennent ensuite les portraits de leurs occupants. Réalisées sur fond gris, ces images dévoileront de façon très sobre les visages de ces hommes et de ces femmes. Cette technique de studio permet de mettre en avant le modèle en le dissociant du contexte : ce nest plus limage dun migrant qui marche dans la boue au milieu des tentes mais le visage dun semblable. Le visage dune femme ou dun homme qui me regarde. Les entretiens que je réalise avec les personnes en migration sont centrés sur l’habitat: la maison quils ont laissée derrière eux, leurs différents refuges tout au long du périple et enfin, le logement quils aimeraient avoir, une fois leur destination atteinte. En évoquant leurs foyers successifs, mes personnages me racontent leur vie, leur parcours et leur rêve d’avenir.» B. Fert

 

Ces photos seront exposées sur les grilles de la Mairie de Paris du 13 janvier au 16 février 2020.

 

Altaher, soudanais, 29 ans, Calais, France, 2016

Serene, Mohammad et leur fils Leo, britanico-libanaise et syrien, 36 ans et 38 ans, paris, France, 2018

Salima et son fils Reza, afghans, 33 ans et 10 ans, camp de Katsikas, Grèce, 2016

Adjaratou, ivorienne, 17 ans, Saint-Denis, France, 2019

Jamaloddin, iranien réfugié au Kurdistan irakien, 52 ans, Hot spot de Samos, Grèce, 2017

Youssouf, Fatima et leurs cinq enfants, 34 et 32 ans, algériens, Résidence Les Cinq Toits, Paris, France, 2019

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