Wanted

Blaise Arnold

Il nous avait déjà bien bluffé avec sa série «Stories» où il reproduisait avec une méticulosité remarquable des scènes délicieusement nostalgiques qui auraient pu se passer dans les années 50 ou 60. Ce magicien de l’hyper-réalisme historique n’est pas resté inactif pendant cette période de confinement où nous devons rester chez nous par précaution sanitaire. Le rapprochement entre cette situation et celle des prisonniers, et plus particulièrement ceux qui peuplent le cinéma américain «old school» dont Blaise est friand, ne pouvait pas lui échapper. Il a démarré une série, publiée sur Facebook, où il se met en scène dans la peau d’un détenu, George Harris, qui s’évade et pars en cavale dans San Francisco, réalisant, en images, le rêve de sans doute nombre d’entre nous d’échapper à la réclusion. On suit ce personnage en fuite dans une ambiance très film noir et le cinéphile y reconnaitra «L’Évadé d’Alcatraz» de Don Siegel et d’autres thrillers fameux. A l’heure où nous écrivons, le fugitif n’a toujours pas été rattrapé.

Comment vas-tu?
Je vais bien, si c’est de la santé dont on parle!

La pandémie actuelle, handicape beaucoup de photographes qui ne peuvent plus travailler. Qu’en est-il en ce qui te concerne?
Exacte, plus de client, plus de contrat et même pas la possibilité d’aller faire des photos dans Paris alors qu’il y aurait la possibilité de faire des images fantastiques et quasiment jamais vues.

Tu viens de commencer une série sur le thème «Evasion». Comment t’est venue l’idée?
Je n’ai pas commencé en me disant que j’allais faire une série, mais juste une image. Et puis voyant qu’elle «marchait bien», j’en ai fait une autre et au bout de trois j’ai décidé de faire une série. Ca permet de garder le cerveau et l’œil en éveil, de résoudre des problèmes, c’est vraiment une manière de ne plus être là, ailleurs dans une autre époque on peut pas rêver mieux…..

Comment procèdes tu pour réaliser ces images?
Je regarde ce que j’ai comme images d’arrière-plan, ce que j’ai comme stylisme chez moi, étant donné qu’on ne peut pas sortir, et je regarde à quelle moment on a une cohérence entre l’histoire, le décor, le stylisme.

Une idée du scénario en entier ou work in progress?
Non, j’ai encore des trous dans mon scénario, comme rien n’a été préparé je bricole, et puis je ne connais pas à l’avance le temps de confinement, et par conséquent combien au final il me faut d’images. Après ce qui est intéressant c’est de travailler plus vite qu’à mon habitude, j’ai moins le temps de «murir» une image, c’est plus spontané!

Dans la situation actuelle, qu’est-ce qui te manque le plus?
Aller en brocante!

Quelle est la première chose que tu feras quand la situation sera revenue à la normale?
Aller en brocante!

Propos recueillis par Gilles Courtinat

Punaise, ça va être long……

Ca va être trop long, sortir d’ici…..

Raté! Un mois de cachot, j’ai pas dit mon dernier mot….

Ce qui compte c’est le mental, pas le physique, je savais que j’y arriverai!!

Etre dehors est une chose, y rester en est une autre. Tous les commissariats de district doivent déjà avoir reçu ma fiche par bélinographe…..

Trouver de la monnaie, vite. Téléphoner à Luigi, vite….

On s’était connu au pénitencier de Rikers, je savais que je pouvais compter sur lui….

On a parlé du bon vieux temps, Luigi m’a fourni le superflu, et l’essentiel….

J’ai pris un Greyhound Express pour Los Angeles, j’y avais gardé des contacts….

L’aventure continue sur :
Facebook

Et sur le site de Blaise Arnold

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