Le dessous des bêtes

Andrius Burba

Il y a eu la Terre vue du ciel, il y a maintenant les animaux vus de dessous. C’est devenu la signature créative d’Andrius Burba, jeune photographe lituanien. Initialement, c’est une photo amateur de félin vue sur Internet qui lui donne l’idée qu’il va mettre en pratique de manière professionnelle dans le cadre d’un concours de beauté pour chats à Vilnius. Le plus dur a été de faire se tenir tranquilles des animaux pas forcément coopératifs, sans oublier non plus qu’Andrius est allergique aux poils de chat… Après ces premiers “cobayes”, Andrius a poursuivi dans la même veine avec des chiens, des lapins et même des… chevaux, dans le cadre d’un projet baptisé “Underlook” («Vu de dessous»).

Du dessous, c’est fou!

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Entretien

Quand et comment avez-vous eu l’idée de photographier des animaux par en dessous ?
Les premières photos que j’ai prises de dessous étaient celles de chats, lors d’une exposition féline internationale à Vilnius, en 2015. Je l’ai fait parce que j’avais vu de drôles de photos sur Internet de chats allongés sur des tables basses en verre, et je m’étais demandé comment je pourrais faire de telles photos avec toutes les connaissances que j’avais en photographie. J’ai obtenu des résultats très cool et intéressants, qui m’ont ensuite incité à me demander à quoi ressembleraient d’autres animaux.

Comment faites-vous ces photos?
J’ai dû mettre au point un studio photo en partant de rien. Pour ma première photo de chat, j’ai utilisé une plaque de verre et des supports pour la tenir. J’ai mis un tissu noir au-dessus et un appareil photo en dessous. Depuis, j’ai une table en verre de bonne qualité, un fond très noir et j’ai procédé à beaucoup d’autres améliorations. Je laisse habituellement les propriétaires poser leur animal de compagnie sur la vitre et ensuite, selon l’animal, je joue avec lui ou je le laisse s’habituer à l’impression d’être sur un sol glissant.

Quel animal était le plus facile et le plus difficile à photographier?
Jusqu’à présent, le projet le plus difficile concernait les chevaux. Cela a demandé beaucoup d’efforts et de préparation. D’un autre côté, le plus facile, c’était avec les lapins, parce qu’ils ne faisaient qu’une seule pose et ne faisaient à peu près rien pour bouger.

Comment ça s’est passé avec les chevaux?
Je devais d’abord tout préparer. J’ai creusé un trou de 3 mètres, mis une boîte en bois à l’intérieur et dessus un verre spécialement fabriqué pour ça. C’était un verre constitué de 3 couches de 10 millimètres collées ensemble. Puis nous avons installé le studio dans un champ près de la grange où un propriétaire de chevaux gardait ses animaux et, avec son aide, nous les avons emmenés sur le verre. Nous avons également utilisé des chaussons spécialement conçues pour les chevaux afin qu’ils ne glissent pas et n’égratignent pas le verre. En fin de compte, nous avons photographié chaque patte dans différentes positions et, pendant le processus de retouche, chaque élément a été mis au bon endroit pour que le résultat final soit aussi original que possible.

Combien de personnes ont participé à ce tournage et quel étaient leurs fonctions?
Il y a environ 40 personnes qui ont participé à la réalisation de cette séance photo. Nous avions au moins 4 personnes qui nettoyaient constamment le verre, une assistante avec l’équipement photo, un coordinateur, une personne qui faisait de la nourriture pour l’équipe, des dresseurs, des photographes pour capter les coulisses, au moins 3 vidéastes et d’autres encore. Pour ce genre de prises de vue, surtout au milieu de nulle part, il faut le faire dans les délais impartis et comme nous avons connu des retards à cause de la présence de buée sur le verre, nous devions nous dépêcher et réfléchir rapidement pour résoudre tous les problèmes qui se présentaient.

Étaient-ce des chevaux entraînés?
Les chevaux que nous avons photographiés appartenaient à deux personnes. Le noir appartenait à une femme et était très bien dressé et il était donc assez facile d’obtenir de bonnes photos. Les autres étaient également entraînés par leur propriétaire. Certains en savaient plus et d’autres moins, mais dans l’ensemble, ils étaient tous bien dressés.

N’était-ce pas risqué?
Avant la séance photo, nous avons essayé de penser à tous les risques afin de pouvoir les éliminer. Le seul risque qui était encore possible, c’est que le cheval ait vraiment peur et qu’il blesse les gens ou fasse des dégâts à l’équipement, mais cela ne s’est pas produit, puisque nous avions ce que nous appelions un «chuchoteur de chevaux».

Quel nouvel animal aimeriez-vous photographier maintenant?
J’aimerais photographier des tigres par dessous, mais c’est un projet si difficile que je vais avoir besoin de temps pour trouver comment le réaliser.

Et les gens?
J’ai beaucoup de projets en tête qui impliqueraient les gens et j’espère les réaliser bientôt.

Propos recueillis par Gilles Courtinat

 

 

© Andrius Burba

Chat du dessous, mode d’emploi

Chevaux du dessous, mode d’emploi


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